Michel Barbette durant la conception d'une oeuvre.

Je suis né en mars 1950 en Côte d’Or et ai vécu à Langres jusqu’en 1972, date où je suis arrivé en Lorraine. J’ai eu une période gouache et fusain, puis une période huile avant la découverte du pastel. Un coup de foudre qui m’a fait abandonner tout le reste. Je me sens vraiment à l’aise dans le pastel. Il n’y a pas besoin d’outil, on a la matière directement dans la main.

Cela permet d’aller très vite, il n’y a pas de temps de séchage. Quand une idée apparaît, j’aime pouvoir la retranscrire rapidement, sinon elle change ou se perd en cours de route. Au départ, je peignais énormément de paysages puisque, installé à Vandoeuvre, je devais aller sur le terrain avec mon chevalet pour échapper à l’exiguïté de mon appartement. Peu à peu, je n’ai plus éprouvé le besoin d’avoir un modèle devant les yeux et ma peinture a évolué vers l’imaginaire. Car je me suis rendu compte que le rêve et l’imaginaire étaient importants pour moi. Comme pour les outils, je suis passé par tous les styles : impressionniste, surréaliste, symboliste, abstrait… « je me cherchais ».

J’ai eu des périodes où je puisais mon inspiration dans la cosmologie, les quatre éléments, des choses beaucoup plus abstraites. Mais l’essentiel est tout de même resté figuratif. Après avoir travaillé sur le thème de la création de l’univers, des villes imaginaires sont apparues. Elles sont le symbole de la création humaine. L’homme est un bâtisseur. Je m’intéresse beaucoup à l’architecture. Certains architectes m’ont même certainement beaucoup influencé, comme Antoni Gaudi ou Hundertwasser qui était aussi un artiste peintre qui utilisait des couleurs très vives. Car une autre caractéristique de mes œuvres c’est la couleur, ou plutôt les couleurs.

J’aime quand elles sont multiples, vives et gaies. Et pour les faire ressortir, je les utilise sur papier velours. Et puis un jour, j’ai fait un tableau intitulé « Les Conquérants », où des personnages sont apparus. Depuis, ils sont restés, d’abord dans les villes, et puis dans la nature, se confondant avec la nature même. Très souvent, plusieurs mondes se côtoient, des mondes différents, mais où foisonne toujours ce mélange d’onirisme et d’exotisme. Ils sont devenus l’illustration de tous mes ressentis, de toute cette vie qui s’écoule, emplie de sentiments profonds, de moments d’exaltations qui sont si essentiels à la création.

Extraits d’articles parus dans l’Est Républicain et le Républicain Lorrain

Michel BARBETTE est dans une période très colorée actuellement avec des tableaux où l’on sent que l’artiste laisse courir son imaginaire. On trouve souvent de grands coups de crayon qui donnent de l’amplitude à ses dessins. Partant de motifs figuratifs, il nous fait passer dans un monde nouveau que l’on imagine plein de lumière et d’espoir. Son  travail sur les couleurs et les formes débouche sur une sorte de vision cosmique de la vie. Le mysticisme n’est pas absent de sa production. Et par un éclatement de nuances qui tend vers une géométrie absolue, il laisse parler ses sentiments. La femme, la guerre, la liberté, le passage dans un autre monde sont parmi ses thèmes de prédilection.